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Le cormoran est mon animal-totem

Dans cet article, je vous propose de vous expliquer le concept de l’animal-totem dans le chamanisme. Je prends pour exemple mon propre animal-totem, le cormoran.




Qu’est-ce que l’animal-totem ?


J’entends parfois : "Je pense que mon animal-totem est le cheval, parce que j’aime tellement les chevaux". En chamanisme, l’animal-totem est bien plus qu’un animal qu’on aime bien (parfois même, on a des surprises quand on le rencontre, on n’avait pas l’impression de tant l’aimer que cela !!). L’animal-totem est, disons, une forme d’énergie spirituelle qui revêt les caractéristiques de l’espèce animale et qui sert de guide, de protecteur et d’enseignant. C’est une énergie spirituelle, mais qui prend la forme d’un véritable animal, avec toutes les caractéristiques de l’espèce qu’il représente.


On pourrait dire que notre animal-totem est notre alter ego dans le monde animal. L’animal-totem revêt les qualités de la personne dont il est le totem, au moins de manière potentielle, et l’encourage à les développer. Par exemple, le cormoran, mon animal-totem, est particulièrement patient – j’ai encore certainement beaucoup à apprendre de lui (ma patience ayant des limites vite atteintes) ! Les caractéristiques de notre animal-totem, son essence, son comportement, nous montrent comment évoluer pour nous accomplir. En cela, il est un enseignant, mais son enseignement est plus pratique qu’intellectuel, plus de type modélisant que théorique.


Il n’assume pas seulement la tâche d’enseignant, il revêt aussi le rôle de protecteur et de guide dans les voyages dans le monde invisible. C’est pour cela qu’il est recommandé de toujours se faire accompagner de son animal-totem lors des voyages chamaniques, au risque de se perdre, ou de ne pas déceler certains dangers.






Animal-Totem ou animal de pouvoir ?


Nous mettons là le pas dans un monde de guéguerre dialectique. Il paraît bien difficile d’arriver à un compromis quant à la signification de ces deux concepts.


Pour certains, ces deux termes sont synonymes.

Pour d’autres, l’animal-totem est celui du clan, l’animal de pouvoir celui de la personne.

Pour d’autres, c’est encore autre chose..


J’ai choisi, quant à moi, une représentation et je m’y tiens. Je vous la présente :


L’animal-totem est un animal de pouvoir dédié à la personne, pour une grande grande partie de sa vie (souvent de la naissance à la mort), un accompagnement au quotidien, dans tous les aspects de sa vie. Il est un compagnon, un guide, un conseiller, même, si cette personne veut bien se tourner vers lui.


Les animaux de pouvoir sont les animaux que l’on rencontre dans le monde d’en bas, quand on va s’y aventurer en voyage chamanique, et qui peuvent nous dispenser un enseignement, nous donner des conseils, ou nous prêter leurs qualités pour une tâche particulière.


Parfois, en plus de notre animal-totem, nous pouvons avoir un autre animal de pouvoir qui nous accompagne pour une période donnée, pour un travail particulier, pour une circonstance spécifique. On peut aussi en avoir plusieurs…

(Lors de mes soins chamaniques, j’ai plusieurs animaux qui viennent m’aider, parfois de façon systématique, parfois de façon exceptionnelle selon le travail à effectuer).


Les voyages chamaniques permettent (entre autres) d’aller à la rencontre des animaux de pouvoir et de recueillir leurs enseignements. Tous les animaux ont quelque chose à nous apprendre, ils peuvent nous montrer le chemin de certains aptitudes à développer, nous conseiller lors de choix délicats, parfois nous dire des vérités que l’on ne souhaite pas entendre… (mais qui sont bénéfiques, car leurs interventions sont toujours bienveillantes).

Par exemple, l’aigle peut nous aider à prendre de la hauteur, nous guider dans notre relation au divin, le cerf, nous monter la voie de la douceur et de la dignité, voire de la régénération, le serpent, nous guider dans notre transformation et nous reconnecter avec notre énergie vitale, etc.





Comment ai-je su que le cormoran était mon animal-totem ?


Cela s’est passé lors d’un voyage chamanique.

Guidée par une praticienne experte en chamanisme, je me suis rendue dans le monde d’en bas avec l’intention bien ferme de le rencontrer. J’ignorais quelle forme il prendrait, mais j’étais bien décidée à le rencontrer – et, quelque part, à me rencontrer moi aussi, indirectement.


Il arrive très fréquemment que lors de ce voyage à la rencontre de l’animal-totem, lorsqu’on arrive dans le monde d’en bas, on croise de nombreux animaux avant de voir celui qu’on était venu rencontrer. Ça n’a pas été mon cas. A peine avais-je mis "le pied" dans la monde d’en bas que je suis arrivée sur une plage où, au pied d’un rocher, se trouvait un très beau cormoran. J’étais très émue – étonnée, mais pas tant que cela. Je lui ai demandé s’il était bien mon animal-totem. Il m’a répondu : "mais oui, regarde ! " et il a fait un tour sur lui-même. C’est que l’animatrice du voyage avait spécifié que pour être sûr que l’animal qu’on rencontrait était bien notre animal-totem, il devait se montrer sous 4 angles (face, dos, profil droit, profil gauche, par exemple). Là, avec son tour complet, il cochait bien les critères ! Mais surtout, il m’avait dit explicitement qu’il était mon animal, je n’en avais pas besoin de plus…



J’avoue que j’étais très touchée. J’ai toujours aimé les cormorans, surtout depuis un certain séjour dans une maison de santé en bord d’océan lors de ma méga-dépression. Ce jour-là, je me promenais le long d’un chenal et j’ai entendu un grand bruit qui m’a fait me retourner : c’était un vol de cormorans, qui est passé très près et a provoqué en moi une sensation d’étrange enthousiasme, d’autant plus étonnante que mes émotions de l’époque étaient quelque peu émoussées. Après, chaque fois que je croisais cet oiseau, qu’il soit sur l’eau, en vol, sur la rive dans sa position aux ailes déployées, sur un arbre, etc., j’étais comme transportée de l’intérieur.


La rencontre avec lui lors de ce voyage chamanique a été mêlée de beaucoup d’émotions : à la fois, je n’étais pas étonnée, mais en même temps, j’étais perplexe – et, presque, je ne m’en sentais pas digne. Pas étonnée à cause de cette joie que j’éprouvais à chaque fois que j’en croisais un, mais perplexe, sûr, car qui a un cormoran comme animal-totem ?? Je pensais avoir pour guide un loup, une biche, un aigle, un ours – un animal que l’on rencontre plus facilement dans ce contexte, quand même !!



Tout animal peut incarner l’animal-totem


C’est que l’animal-totem incarne potentiellement toute forme de vie animale. Il peut être aigle, mais il peut être souris, il peut être loup mais il peut aussi être mouton, il peut être ver de terre, grizzly, licorne, scarabée, sanglier, chat, taupe, hirondelle, phénix…. Tout !!


Il est parfois très frustrant d’avoir un animal qui ne se trouve pas dans les livres dédiés, qui sont très nombreux. C’est décevant de ne pas avoir explicitement les qualités de notre animal-totem, mais en fait, il suffit d’un peu d’observation de l’animal en question pour comprendre quels symboles il porte.


Par exemple, en observant les fourmis dans leur milieu naturel, on comprend pourquoi l’animal de pouvoir "fourmi" porte avec lui les symboles du travail, de l’organisation, du travail d’équipe, de l’exploration. Pareil pour la tortue, qui, de par sa démarche assez lente, porte avec les symboles de patience et de persévérance, et qui, du fait de sa longévité, incarne une forme de sagesse (celle en lien avec l’expérience). Le dauphin, quant à lui, symbolise la joie et l’humour (avez-vous déjà vu un dauphin dans son milieu naturel?) et aussi la communication (car les dauphins ont d’excellentes capacités de communication entre eux).



On peut ainsi multiplier les exemples.



Quelles sont les caractéristiques du cormoran ?



Le cormoran est un oiseau qui se rencontre près de l’eau. Il en existe plusieurs espèces, le Grand Cormoran, le Cormoran Huppé, le Cormoran Pygmée, pour ne citer que ceux-ci.

Je me suis attachée aux caractéristiques du Grand Cormoran.




Il fréquente pratiquement tous les milieux aquatiques où une surface d’eau libre suffisante lui permet de se poser, de plonger, de décoller (il décolle en prenant appui, en quelque sorte, sur l’eau : on dirait qu’il court sur l’eau, tout en mobilisant ses ailes, sur quelques mètres). On peut le voir aussi bien au bord de la mer que sur les fleuves et les rivières, ainsi que sur les plans d’eau, étangs et lacs. Près de chez moi coule la Vienne, et juste à côté se trouve un étang où les cormorans sont nombreux. J’adore aller les observer !!


Il nage avec le corps très enfoncé dans l’eau, beaucoup plus que les canards ou les cygnes, par exemple. Quand il plonge, il ne saute pas, mais il s’immerge, un peu comme le fait un sous-marin.

Il peut plonger jusqu’à 30 mètres de profondeur et rester en apnée plus d’une minute.


L’oeil du cormoran est très particulier. Alors que d’autres oiseaux plongeurs (comme les sternes, par exemple) attrapent leurs proies en aveugle une fois sous l’eau, le cormoran, lui, poursuit sa proie sous l’eau. Son œil est ainsi constitué qu’il s’accommode en plongée, compensant la déformation optique de la vue sous l’eau.


Son vol est très rapide, le cou bien droit. Il peut se faire à toute hauteur : parfois ras au-dessus de l’eau, parfois très haut (surtout quand il est en migration). Ce sont des migrateurs partiels : certains individus restent sur place et d’autres migrent, et parfois très loin (jusqu’à 2500 km de leur colonie d’origine). Ce sont les mâles adultes qui vont le moins loin.


On le voit souvent posé, les ailes déployées. L’explication la plus rencontrée est qu’il fait ainsi sécher ses ailes au soleil et au vent parce que ses plumes ne sont pas parfaitement imperméables (caractéristique lui permettant une meilleure pénétrabilité dans l’eau) mais ce n’est pas la seule : en écartant ainsi ses ailes, il s’offrirait un espace vital plus important par rapport aux autres, et aussi, il exposerait son estomac au soleil pour faciliter sa digestion, surtout quand il a ingurgité un gros poisson.


C’est un oiseau grégaire. Il niche en colonies et se regroupe en dortoirs en période internuptiale. Mais ce grégarisme n’est pas absolu et il n’est pas rare de voir des oiseaux seuls.


C’est aussi un oiseau qui est capable d’apprendre. Certains comportements ou certaines modalités d’exploitation du milieu où il se trouve sont en fait acquis "culturellement", par imitation, surtout par les descendants. Ceci démontre la très grande capacité d’adaptation du Grand Cormoran face aux changements.



Peut-être avez-vous appris des choses sur le cormoran en lisant ces quelques lignes ?? Je suis particulièrement avide de tous les renseignements sur cet oiseau, car la moindre de ses caractéristiques m’apprend des choses sur moi. Dès que j’ai une information, je la stocke dans un coin de ma mémoire où je peux facilement la récupérer, et j’interroge cette qualité par rapport à moi-même.

C’est comme cela que des émissions ou des articles sur la nature peuvent se transformer en éléments de développement personnel !!





Que me montre le cormoran en tant qu’animal-totem ?


Tous les oiseaux représentent le lien entre le monde terrestre et le monde spirituel (le ciel). Mais le cormoran a ceci de spécifique qu’en plus de voler haut dans le ciel, il est capable de plonger profondément dans l’eau.


Cette aisance à passer d’un état aérien à un état aquatique peut symboliser la capacité à passer aisément d’un état de conscience ordinaire à un état de conscience élargi, du monde visible au monde invisible, de la réalité matérielle aux univers spirituels…


Son œil particulier est à mettre en relation avec l’observation minutieuse que je peux faire dans mes aventures dans le monde invisible, dans "le monde du rêve", comme on dit en chamanisme.


Sa capacité à voler haut m’invite à aller vers la spiritualité, et sa capacité à plonger profondément m’invite à explorer les eaux profondes de mes émotions – et celles des autres. Les émotions, mais aussi l’inconscient, tout ce qui sous-tend la vie "visible" des confients qui viennent me voir (j’appelle confients les patients qui me consultent et qui, se faisant, me font confiance. Je n’aime pas le terme de patient, ni celui de client) peuvent être explorés sans crainte, pour une meilleure compréhension pouvant nourrir la capacité à avancer sur leur chemin avec détermination.


Quand je vois le cormoran s’immerger pour aller pêcher sous l’eau, je me perçois allongée, quand je m’immerge dans un état de conscience modifié pour aller faire mes voyages intérieurs : je m’enfonce tranquillement dans ces eaux de conscience, à l’image de mon animal-allié…


L’attitude avec les ailes déployées qu’il adopte souvent quand il est au sol est une attitude que je prends volontiers pour m’ancrer, poser ma respiration, me sentir dans l’ici et le maintenant : ça, c’est bien une position qu’il m’a enseignée et qui m’est très bénéfique ! Pas sûr que cela marche que tout le monde, mais chez moi, elle est quasiment magique.


Sa capacité d’apprentissage et d’adaptation au changement m’encourage à toujours explorer de nouvelles contrées, qu’elles soient dans le monde visible ou dans le monde invisible. Je n’aime pas le train-train ; j’ai besoin de sans cesse apprendre, découvrir, m’interroger, mettre en perspective, etc.


Son grégarisme, par contre, me pose question, moi qui suis plutôt de nature solitaire. Peut-être suis-je de l’espèce cormoran solitaire (à l’instar du loup solitaire) ? Ou peut-être que cette propension à vivre en groupe me montre quelque chose de moi que je n’ai pas encore suffisamment cultivé ?


Vous voyez que chaque particularité de l’animal-totem peut être exploitée pour aller vers une meilleure connaissance de nous-mêmes ou une exploitation de nos ressources, parfois bien cachées.




Et vous, quel est votre animal-totem ?





Pour le savoir, il n’y a pas d’autres solutions que de faire un voyage chamanique pour aller le rencontrer.






Il est possible, parfois, d’avoir des personnes, guérisseurs, praticiens, voyants, qui vous donne l’information : "J’ai vu que l’aigle était votre animal-totem". C’est à entendre, à accueillir… Mais (à mon sens), cela demande à être confirmé par un voyage intérieur.

Moi-même, sur demande, je le fais. Certaines personnes n’arrivent pas à entrer en état modifié de conscience et à visualiser… Je pense que l’information est moins fiable. C’est bien mieux quand ça peut être confirmé !


Je ne me prononcerai pas sur la fiabilité des informations délivrés par des chamans authentiques, ayant reçu une initiation intense, reconnus par leur communauté, dans une tradition ancestrale. J’aurais tendance à leur faire plus confiance, mais cela demande à être confronté à l’expérience.







Alors, prêt pour l'aventure ?







Luce BARRAULT

Mars 2026




NB : Je propose régulièrement des voyages chamaniques. Ceux-ci ont généralement un thème, une intention particulière que l’on pose en groupe. Il arrive, bien sûr, de proposer des voyages pour aller rencontrer son animal-totem, mais cela reste assez rare.Néanmoins, lors de chaque voyage que je propose et sauf exception, il est possible d’aller à sa rencontre si vous ne le connaissez pas encore.

A mon sens, il est inconcevable d’explorer les mondes chamaniques sans sa protection et sa guidance. C’est donc un pré-requis indispensable pour tout autre voyage.




 
 
 

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