L’ancrage : s’enraciner pour mieux se déployer
- lucebarrault
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture

Beaucoup de personnes qui viennent me voir pour des soins chamaniques s’entendent dire qu’ils ne sont pas assez "ancrés". Pour moi, c’est clair – mais à la réflexion, je ne suis pas sûre que la notion soit si évidente pour tout un chacun.
Aussi, je vous propose de l’éclairer autant que faire se peut.
Que signifie : "être ancré" ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que malgré les apparences, cette expression ne signifie pas la stagnation. C’est vrai que ce concept d’"être ancré" pourrait suggérer une forme d’immobilité, d’enracinement, d’immuabilité. Un bateau qui a jeté l’ancre est un bateau qui ne peut plus naviguer, un bateau qui reste au même endroit, un bateau stoppé.
Mais lorsque l’on parle d’ancrage spirituel, on ne parle pas d’une chaîne qui nous retient au sol . Il s’agit plutôt d’une connexion à la terre qui nous fournit l’énergie dont nous avons besoin pour avancer. A l’instar d’un arbre qui a besoin de ses racines profondes pour pouvoir déployer ses branches vers le ciel, nous avons besoin de nous relier à ce qui nous nourrit en profondeur pour pouvoir aller vers notre liberté.

L’ancrage, pour moi, signifie surtout être relié à la nature, à la Terre-Mère. C’est être en contact avec ce qui est important pour nous, à ce qui nous fournit de l’énergie, à ce qui nous stabilise dans un monde où on pourrait vite s’éparpiller. C’est habiter son corps et lui permettre d’être nourri à la hauteur de ses besoins, en particulier au niveau énergétique.
Lorsque l’on est ancré, on ne se pose plus de question du type : "Suis-je à ma place ?". Lorsque l’on est ancré, on lâche le « penser », on lâche le « faire », on est dans l’« être ».
Il n’y a rien à prouver, il n’y a pas de devoir, il n’y a rien d’autre que la relliance à l’essentiel de la vie.
Etre ancré signe aussi un profond sentiment de sécurité. Quand on est ancré, on se sent plein d’assurance, de force, et on ne craint aucune menace.
On ressent une forte énergie. La terre nous nourrit, nous renforce.

Les signes d’un manque d’ancrage
L’être humain n’est pas vraiment un arbre : quand ses racines sont coupées, il ne meurt pas immédiatement. Mais force est de reconnaître qu’il n’est quand même pas en pleine forme…
D’une façon générale, quand on manque d’ancrage, on a un mental qui tourne à plein régime – un peu trop, même, et même quand on ne lui demande rien (la nuit, par exemple) – et un corps physique qui souffre un peu.
D ’une façon un peu plus précise, en cas de manque d’ancrage, on peut observer :

- une grande fatigue, l’impression d’être "à plat", vidé, sans énergie.
- des problèmes d’attention, des difficultés à se concentrer, peut-être une sorte de brouillard mental
- des difficultés à passer à l’action, une procrastination récurrente
- une forme de maladresse, les objets qui vous échappent des mains ou le fait de vous cogner partout
- un sentiment d’insécurité, une certaine anxiété diffuse, l’impression d’un danger qui plane
- l’impression d’être "à côté de ses pompes", comme si on flottait un peu.

La liste n’est pas exhaustive !
Que faire pour mieux s’ancrer ?
Divers exercices et activités peuvent améliorer l’ancrage.
Il est particulièrement recommandé d’aller au contact de la nature, des plantes, des arbres. Respirer, admirer, ressentir le milieu naturel par tous les sens. Sentir que l’on est un être vivant comme l’est le chêne, la pâquerette ou le papillon que l’on a devant soi. Goûter la tiédeur d’un rayon de soleil sur la peau, la caresse de la brise sur la peau.

Le bain de forêt est souverain pour renforcer l’ancrage. Déambuler lentement, en silence, sentir les odeurs, écouter les sons, toucher le sol ou les écorces des arbres, s’émerveiller de la lumière du soleil filtrée par les feuilles des arbres, lâcher le mental et se sentir peu à peu juste un élément de la forêt, comme une biche ou un pic épeiche…
Embrasser un arbre est fabuleux pour optimiser l’ancrage. Aller vers lui en immense respect, l’entourer de nos bras, sentir la caresse de son écorce sous nos doigts, l’énergie qui circule en lui, la tiédeur qui émane de lui et pénètre en nous… On peut alors visualiser les racines qui sortent de nos pieds et pénètrent profondément dans la terre, nous procurant stabilité, nourriture, vitalité, force – et cet élan de croissance qui vient de ces racines, monte à travers tout notre corps et permet que notre énergie se déploie vers le haut, comme si des branches et des feuilles émergeaient de notre tête et poussaient vers la lumière…

Surtout, ne pas se priver de cette pratique !! Elle est quasiment magique !
Si vraiment des pensées vous polluent, des tracas, des soucis, vous pouvez imaginer qu’à l’expiration, vous les expulsez dans le sol – la terre a ce fabuleux pouvoir de transformer les déchets en humus, confiez-lui ce qui vous préoccupent et laissez-la opérer l’alchimie – et vous inspirez à travers vos mains la fabuleuse énergie que l’arbre vous propose. Faites cela aussi longtemps que vous le jugez nécessaire.

Pour renforcer votre ancrage, vous pouvez aussi marcher pieds nus, sur la terre, l’herbe, la mousse… C’est un exercice que je propose en forêt – souvent, on n’ose pas, mais quand on essaie, on ne peut plus s’en passer ! C’est une sensation fantastique. Mais même sans aller en forêt, vous pouvez faire cela sur une pelouse, dans votre jardin, ou partout où le sol s’y prête. Sentez l’énergie de la terre, sentez comme votre corps se "branche" sur elle, comme vos pieds se détendent et communiquent cette détente au reste du corps, jusqu’à votre cerveau…

S’ancrer, c’est être soi, dans l’ici et le maintenant.
Relié à la Terre.
Simplement.
Luce Barrault
Mai 2026



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